Les Enjeux de la Controverse

Analyse approfondie des tensions liées au développement de l'hydroélectricité.

Environnement

Géopolitique / économique

Humain

Impact sur la biodiversité

Obstacles à la migration des espèces.

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La fonction d’un barrage est d’obstruer un cours d’eau pour produire de l’électricité, ils s’imposent donc comme des barrières physiques à l’écoulement de l'eau et à la circulation de la biodiversité. Les routes migratoires d’espèces en amont peuvent se retrouver bloquer et la stagnation de l’eau dans la retenue favorise la modification des paramètres physiques du milieu et le développement d’espèces néfastes et invasives.

Les barrages portent aussi atteinte à la survie des espèces végétales et animales en aval qui dépendaient du cours d’eau pour se nourrir et s’hydrater.

Par conséquent en France et en Europe, il existe des outils pour encourager la continuité écologique des cours d’eau comme la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) ou le classement en liste 1 ou 2.

Impact sur les cycles de l'eau et les sols

Accumulation de sédiments

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Les barrages hydroélectriques ont pour conséquence également de déséquilibrer les niveaux d’eau et de sédiments en amont et en aval. Tout d’abord la création de la retenu cause l’ennoiement des terres en amont. L’accumulation des sédiments au fond de la retenu résulte en une diminution des échanges de l’eau avec le sol et les nappes phréatiques.

En aval, le déficit d’apport en eau et en sédiments, qui restent bloqués avant le barrage, peuvent causer des épisodes de sécheresse, favoriser l’érosion des cours d’eau et des berges et modifier leurs morphologies.

Une énergie décarbonnéee ou presque

Atouts pour la transition bas-carbone.

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L’hydroélectricité est bien une source d’énergie renouvelable et “verte” en raison de sa faible émission carbone. Avec ses 6gCO2eq/KWh, elle est la source d’énergie renouvelable la moins émettrice de GES. Ses émissions de carbone sont particulièrement concentrées autour de la construction des barrages et l’ennoiement des terres provoquant un grand relâchement de méthane.

Intérêts Énergétiques

Une source d'énergie très présente

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Avec ses 75TWh, l’hydroélectricité est aujourd’hui, en France, la deuxième source d'énergie la plus présente en France, plus que le solaire, l’éolien ou tout autre source d’énergie renouvelable. Cependant elle possède comme les autres sources d’énergie renouvelable, des contraintes géographiques. Chaque territoire possède un potentiel hydroélectrique à exploiter. En France, ce potentiel est presque exploité à 100%.

En revanche, le coût de production dans le cadre de la grande hydroélectricité, s’étend de 30 à 90 €/MWh (37-200 €/MWh pour la petite hydroélectricité), ce qui la place, en moyenne, à peu près au même niveau que le photovoltaïque au sol. Le moins cher restant, selon l’ADEME, l’éolien terrestre, avec ses 59 €/MWh.

Entreprises Impliquées

Acteurs majeurs et marchés mondiaux.

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Le modèle économique des barrages repose sur des investissements initiaux très élevés et une rentabilité atteinte seulement sur le long terme, malgré une durée de vie pouvant dépasser un siècle. En France, le secteur est organisé par un système de concessions où l’État reste propriétaire des ouvrages, un modèle aujourd’hui contesté par l’Union européenne, ce qui bloque leur renouvellement et les investissements. Les barrages sont aussi des moteurs du développement local, générant des emplois directs et indirects, notamment via le tourisme autour des retenues d’eau. Ils font toutefois face à la concurrence croissante du solaire et de l’éolien, poussant à l’innovation avec des technologies moins intrusives comme l’hydro-cinétique. À l’échelle internationale, les barrages peuvent provoquer de fortes tensions économiques et géopolitiques, comme entre l’Éthiopie et l’Égypte ou dans le cas du projet HidroAysén au Chili.

Relations Étatiques

L'eau comme levier de puissance.

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Les tensions étatiques liées à l’eau s’organisent autour de la souveraineté, du contrôle des ressources et des rapports de force à trois échelles complémentaires. À l’échelle internationale, l’absence de cadre juridique contraignant pour les fleuves transfrontaliers nourrit une véritable guerre de l’eau opposant États d’amont et d’aval, entre souveraineté absolue de l’État source, exigence d’intégrité territoriale de l’État récepteur et revendications de droits historiques fondés sur des usages anciens.

Les tensions prennent également la forme de conflits réglementaires, notamment entre la France et l’Union européenne sur l’ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques, un blocage qui freine le renouvellement des infrastructures et les investissements. En interne, les barrages deviennent des instruments politiques révélant les frictions entre l’État central et les territoires locaux : outil de puissance et de contrôle pour certains pays comme la Chine, il oblige aussi l’État à arbitrer entre des objectifs nationaux de sécurité énergétique et la protection des intérêts locaux.

Création d'un patrimoine culturel

Nouveaux paysages et usages sociaux.

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La création d’un barrage et la formation de son lac de retenu imposent aux populations locales un nouvel élément du paysage et modifient quelque peu leurs habitudes de vie. Au fur et à mesure cela constitue un élément important de leur patrimoine.

Baignade, visite des installations et des complexes, pêche dans le lac et pratique nautique comme le canoé-kayak, balade et randonnée autour du lac. Nombreuse sont les activités que favorise la présence d’un barrage.

Mise en danger des populations

Déplacements forcés et risques de rupture.

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Lors de la construction d’un barrage, les populations présentes dans la région qui sera sous les eaux après l’accumulation de l’eau, subissent un déplacement forcé à grande échelle, parfois sans bénéficier de compensation de l’Etat (cf. Barrages des Trois Gorges, Chine).

De plus l’obstruction d’un cours d’eau provoque son appauvrissement en aval, ce qui peut constituer une menace aux modes de vie de certains, comme c’est le cas pour certaines tribus amazoniennes au Brésil.

Ensuite, bien que les barrages aient aussi pour avantage de défendre les populations contre d’éventuel crues, inondations, le risque de rupture d’un barrage n’est jamais à zéro comme c’était le cas pour le barrage de Malpasset en 1959.

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